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Sur tous les fronts…
Numéro 30 – mars 2011   

La question revient dans presque toutes les conversations avec nos clients : comment fais-je pour gérer les circuits, l'auberge berbère et le camp bédouin (distant de 700 kms) en même temps ? Si vous voyiez le clavier de mon ordinateur portable et les piles de documents sur mon bureau ensablé du camping, vous comprendriez...

Edito

La question revient dans presque toutes les conversations avec nos clients : comment fais-je pour gérer les circuits, l'auberge berbère et le camp bédouin (distant de 700 kms) en même temps ? Si vous voyiez le clavier de mon ordinateur portable et les piles de documents sur mon bureau ensablé du camping, vous comprendriez...

Primo, j'ai décidé de ne plus assurer moi-même qu'un nombre très restreint de circuits, soit qu'il s'agisse d'itinéraires sophistiqués que je suis le seul à maîtriser, soit parce qu'une animation spéciale pour les enfants a été promise au client. Secundo, j'ai recruté à tour de bras, pour notamment ne plus avoir à m'occuper de la logistique du camp tout en maintenant la qualité des prestations dans nos trois activités. Tertio, j'ai copieusement délégué : les circuits, à Kamal qui comme vous le verrez dans les commentaires de notre clientèle fait merveille, et à mes partenaires en affaires ; la gestion du Camp, à Youssouf, notre cuisinier, qui montre une réelle capacité d'accueil et d'organisation tout en témoignant de jovialité et d'honnêteté. C'est un sacré pari, pris au pire moment puisque les évènements internationaux freinent considérablement l'activité touristique du pays.

Toutes ces dispositions me permettent de continuer à vivre quasi continuellement en famille. Le passage d'un site à l'autre procure à chaque coup une sorte de dépaysement fort plaisant... Et finalement le maintien à flot de l'ensemble ainsi que les très sympathiques appréciations de notre clientèle génèrent un bien agréable sentiment d'accomplissement. Quand j'y réfléchis, il s'agit là en fait des trois choses essentielles que je venais chercher au Maroc, non ? En me mettant hors circuit, je me suis finalement retrouvé sur la bonne piste... Cqfd !

La clientèle du Camp Bédouin

Carrefour de rencontres et d'échanges d'informations entre ceux qui descendent (en Afrique de l'Ouest ou seulement jusque la péninsule de Dakhla) et ceux qui remontent, notre Camp Bédouin accueille des profils de voyageurs fort différents et le plus souvent fort originaux. Ici un convoi de plusieurs 4x4 de biologistes portugais chargés de superviser un projet de développement en Mauritanie. Là un rallye humanitaire initié aux Pays-Bas comptant une cinquantaine de véhicules retapés pour la cause avec la Gambie pour destination finale. Le lendemain, une bande d'amis en camping-cars venus profiter du soleil hivernal de l'extrême-sud marocain. Puis ces deux Allemands, Frits et Erik, partis pour traverser toute l'Afrique jusque Le Cap en fourgon 4x4 (www.drivingthroughafrica.com). Ou alors cette famille danoise qui sillonne le Maroc avec un bébé depuis quatre semaines en voiture ordinaire et qui affirme n'avoir jamais mangé aussi bien dans tout leur périple. Cette hétérogénéité constitue la première richesse de notre Camp.

Nos petits plats, visiblement, en sont la deuxième. Sur ce long axe (la nationale 1) qui relie l'Europe au reste de l'Afrique, le bouche à oreille fonctionne allègrement. Prenons par exemple le cas des camping-caristes : fort logiquement réputés pour ne pas consommer (étant le plus souvent totalement autonomes), 90% de ceux qui viennent bivouaquer à notre Camp prennent un copieux repas, puis nous recommandent à leur tour à d'autres voyageurs. Le Camp Bédouin était, reste et deviendra de plus en plus une halte gastronomique, j'y veillerai !

Le troisième atout est incontestablement le cadre naturel et désertique du camping, ainsi que ses environs immédiats et originaux, totalement méconnus du grand public et même des habitués des lieux. La dépression salée, les dunes toutes proches mais aussi le nouveau désert de la sebkha de Tah et j'en passe. Un baroudeur revenant d'un long périple dans le désert mauritanien s'avouait blasé lorsque je lui ai parlé de l'intérêt du désert avoisinant. Il est venu, il a vu et ... il a été convaincu ! Il s'est amusé comme un petit fou à trouver son chemin dans le dédale des barkhanes jouxtant notre camping. Un désert ne ressemble pas à un autre, contrairement à ce qu'on pourrait penser a priori. A nous, Hors Circuit, de mettre en valeur ces petits trésors naturels cachés ! Là se situe mon challenge pour les cinq années à venir...

Quad à gogo dans les dunes

Mon quad n'aura jamais autant servi ! C'est vraiment le moyen idéal pour explorer la région et s'amuser sans grand danger.

A condition toutefois de bien comprendre les dunes, toutes orientées dans un axe nord-sud sous l'effet des vents océaniques dans cette région et donc toutes offrant un tombant dangereux sur leur versant sud. A condition aussi d'emporter un gps car à force de zigzaguer entre les barkhanes, on a vite fait de perdre le sens de l'orientation. Les baroudeurs riront peut-être car il suffit de se repérer au soleil ou de grimper sur une haute dune ou que sais-je encore ; mais lorsque le vent chargé de sable se met à souffler, que la visibilité tombe et que le soleil disparait, non seulement l'orientation devient tout à coup problématique mais une certaine angoisse ou alors une irritation latente peut s'emparer de vous et pousser à la faute. A condition enfin de se protéger de l'ardeur du soleil et du dessèchement rapide qui peut survenir fort rapidement dans pareil environnement.

Une fois ces précautions prises, le quad va franchir quasi tout obstacle sur son passage et permettre un franchissement à l'azimut là où le 4x4 va galérer à trouver le passage dans ce labyrinthe de dunes isolées et consommer un carburant incroyable à faire sans cesse demi-tour dans les culs de sac, à contourner des montagnes de sable qui ont bougé et empiété sur les anciennes pistes, à franchir des cols de sable mou avant de rouler au pas sur le plateau rocailleux.

L'océan et la plage ne sont éloignés que d'une quinzaine de kilomètres du Camp à vol d'oiseau. Le quad n'en fera qu'une bouchée et les avalera sans aucun problème !

Week-end dans les barkhanes

Amis belges qui passez votre week-end soit à La Panne soit dans les Fagnes, amis français qui partez en montagne ou descendez à Cannes, nous, notre truc à nous, ce sont les barkhanes !

Voilà une vingtaine de kilomètres et quatre heures déjà que nous nous enfonçons en 4x4 dans le désert situé tout à côté de notre Camp Bédouin. Sur le plateau arrière du Land, notre quad. Dans l'habitacle, tout ce qu'il faut comme bagages pour s'évader loin de tout, le temps d'un week-end.

Il n'y a bien sûr que l'embarras du choix pour le lieu de bivouac ! On choisira cette dune sans nom, avec pour tout horizon du sable à la pelle !

Féérie du soleil couchant lorsqu'il teinte progressivement les collines de sable et accentue le relief du panorama.
Envoûtement du silence, pesant et omniprésent, surtout la nuit quand le vent tombe subitement.
Relâchement de l'esprit face au dépouillement du paysage, à la simplicité de la nature, au crépitement captivant du feu de camp.

Puis au petit matin, un réveil assourdissant ! Des chacals hurlent à une résurgence toute proche, une bergeronnette pépie sur la dune, une femelle dromadaire blatère non loin de notre tente... Difficile décidément d'être seul dans le désert !

Visite officielle au Camp

L'après-midi touche à sa fin au Camp Bédouin et les quelques clients déjà arrivés s'installent dans les tentes-chambres, à l'abri du vent qui s'est levé. Un nouveau 4x4 surgit, arborant une plaque officielle. En sortent trois nababs en djellaba pimpante et un homme en tenue de jogging. Ce dernier se présente : « Je suis le Gouverneur » ! Le Camp dépend depuis peu de la toute nouvelle province de Tarfaya, créée il y a un an comme bien d'autres en vue de redynamiser l'administration de proximité du pays. Cela faisait trois mois que j'avais entamé un processus de contact des plus hautes autorités locales pour m'assurer de leur soutien dans la défense de mon projet de rachat du terrain du camping à l'Etat, sans en voir la moindre progression. Le Gouverneur s'est déplacé, sans crier gare. Dans la cuisine du Camp qu'il s'est mis en devoir de visiter au pas de charge, il y avait deux tentes dressées (en fait en réparation) : « Curieux endroit pour faire un bivouac... » J'ai encore dû passer pour un Européen excentrique ! Par une heureuse coïncidence, le Gouverneur et moi sommes voisins directs, à quelques kilomètres de distance tout de même, puisqu'il est le propriétaire d'un troupeau de dromadaires et d'une tente nomade toute proche où il a l'habitude de recevoir ses amis. Alors notre restauration l'intéresse ! Bébé Haicham, en leur faisant signe de la main à leur départ et en criant à tue-tête des ‘bye-bye', achèvera de le conquérir : le 4x4 sur le départ s'arrête, la fenêtre s'ouvre et les bonbons affluent. Et tous les nababs de faire en retour ‘bye-bye' à notre fils. Je l'ai présenté comme un bébé belgo-berbère-sahraoui : ça leur a plu... La suite, au prochain épisode.

Rallye Dresdner – Dakar – Banjul

Ce sont des habitués de notre camping. Deux fois par an, une association allemande organise un rallye de Dresdner jusque Banjul via Dakar pour y apporter bénévolement des véhicules d'occasion remis en état par les participants. Malgré le contexte, le rallye a fait le plein et compte 44 véhicules et 90 participants. Dans leur road book, ils disposent d'un certain choix d'hébergements pour les étapes, sachant que tous doivent se rassembler à Dakhla avant de passer ensemble la frontière mauritanienne.

Au Camp, nous sommes fin prêts. Au temps des précédents propriétaires des lieux, le camping n'avait pas la possibilité de servir plus de 30 repas le soir. Nous avons relevé le défi et nous sommes déclarés prêts à en assurer la totalité s'il le fallait. Mais combien d'équipages vont-ils décider de faire halte chez nous ?
Par malchance, les conditions se dégradent, le temps est à la pluie. Nous redoutons qu'ils aillent tous se réfugier dans de petits hôtels de Laâyoune par exemple. A dix-huit heures, il n'y avait encore que quelques pelés véhicules et parmi les rares campeurs cela paraissait hésiter sur le fait de commander ou non un dîner. Le moral de notre équipe était au plus bas, d'autant que la semaine précédente, nous étions restés cinq soirs sans client aucun.

A 23 heures, au bout du compte, nous avions servi 75 repas et le rallye était à 95% regroupé dans notre camping. Les appréciations allaient bon train. Le lendemain, le soleil était de retour...

Quelques impressions de circuits…

... dans l'Anti-Atlas :

« Bonjour, nous voilà de retour en France. Merci pour cette belle excursion, nous avons pu apprécier à la fois les paysages grandioses, l'accueil chaleureux des Marocains, les hébergements à la fois hors du commun et confortables et de plus les compétences , la disponibilité et la gentillesse de Kamal: en résumé un séjour très dépaysant. Merci encore et peut-être à une autre fois. Les Charpentier »

... dans le désert de l'Erg Chegaga :

« Bonjour, nous avons été très contents de notre circuit et envisageons d'en faire un plus au sud avec nos quatre enfants cette fois-ci. Peut-être dans un an ou dix-huit mois. Votre guide était très bien et fiable. Nous gardons vos coordonnées. A bientôt. Cordialement, A. de Vauplane »

... dans tout le sud :

« Très beau voyage correspondant à notre attente. Hébergements typiques et variés : de la maison d'hôtes au bel hôtel en passant par la tente dans le désert, en février, par 0-1° la nuit et 18-20° le jour... Une cure de thé et de tajines variés. En tant que conducteur de car de grand tourisme, j'ai trouvé la conduite de Kamal "bien qu'à la marocaine" agréable et souple, même sur les pistes et dans le désert. Malgré que nous étions sept dans le 4x4, nous n'avons jamais eu mal au dos ! De plus, la période de timidité passée, Kamal a su nous faire apprécier son pays et nous en expliquer les us et coutumes. Amitiés, Gérard. »
Voici quelques photos de leur première partie de circuit, dans notre maison berbère Les Terrasses de l'Atlas, au sortir de l'hiver...

Un Maroc plus stable

Les emails d'inquiétude affluent de notre clientèle, à la suite des évènements géopolitiques qui bouleversent de ci de là bien des pays musulmans et, partant, l'opinion publique en Europe quant à la sécurité de leurs voyages en Afrique et en Orient.

Les agences de notation Standard & Poors et Fitch ont estimé que le Maroc était le pays le moins susceptible d'être affecté par la vague de contestation qui secoue le monde arabe.

Les soulèvements voisins ont redonné une certaine énergie à certaines franges de la population, essentiellement les jeunes désoeuvrés des grandes villes, pour manifester. Les rassemblements organisés ont été peu nombreux, limités à Casablanca et Rabat, relativement pacifiques et en aucun cas critiques envers la personne du Roi. Par respect, amour ou crainte ou les trois à la fois, M6 comme certains le surnomment ici est dans les grandes lignes apprécié pour les progrès réalisés dans bien des domaines. Sont plutôt visés dans les revendications populaires le manque de séparation des tâches et la corruption. Deux thèmes qui n'ont rien de neuf et qui sont régulièrement débattus dans la presse locale qui jouit d'une certaine liberté d'expression.

Dans tout le sud du Maroc où nous opérons, on imagine mal voir des émeutes à Agadir ou à Ouarzazate, encore moins sur les itinéraires Hors Circuit que nous empruntons !

Dans le Sahara, les mêmes raids et rallyes continuent à passer et se diriger sans encombre vers leur destination finale, que ce soient le Mali, le Sénégal, la Gambie ou la Mauritanie, tous pays où c'est surtout la corruption, non l'insécurité, qui constitue la véritable plaie pour le voyageur. Systématiquement, les organisateurs de ces convois se plaignent des conseils hyper prudentiels laissés par les ministères de l'intérieur des différents pays européens sur leur site officiel et dévastateurs en termes d'image pour le tourisme des pays africains du nord-ouest.

Et quand bien même un début de crise se manifeste au Maroc, cela sera nécessairement focalisé sur Rabat et Casablanca. En Tunisie, les tour-opérateurs reprenaient déjà leurs activités quelques jours après le renversement du pouvoir. L'Egypte avait déjà connu il y a quelques années de sérieux revers dans son secteur du tourisme après des attentats, cela ne l'a pas empêché de refaire le plein dans ses stations balnéaires, et il en sera ainsi encore cette fois. Quelque soit le régime au pouvoir, l'économie de chacun de ces pays a urgemment besoin de maintenir l'industrie du tourisme à son plus haut niveau.

Extraits du Livre d’Or

Carole et Anne, clients du Palais Oumensour à Taroudant, en excursion aux Terrasses de l'Atlas :

« Cher Luc, je tenais à vous dire que j'avais passé une très belle journée ce lundi 3 janvier. La gentillesse de Kamal et de Mohammed a ensoleillé notre journée. Ils n'ont pas hésité à répondre à nos nombreuses questions et à s'arrêter à chaque fois que nous le désirions. Votre maison est vraiment magnifique et aspire à la tranquillité. Nous avons été copieusement nourries et l'accueil à la maison était très chaleureux. Bonne année à vous et à bientôt j'espère. Carole et Anne »

Ou encore la famille Tarlé, en séjour prolongé à notre auberge berbère :

« Bonsoir Hafida et Luc, nous tenons à vous dire que nous sommes très satisfaits de notre séjour à Afensou. Vous avez su nous proposer les activités et les découvertes que nous recherchions. Effectivement, les journées étaient bien remplies, même notre fils Hugo était ravi d'aller au lit le soir... Nous avons beaucoup apprécié les nombreux contacts avec la population et les repas chez l'habitant. Nous remercions Hafida pour sa disponibilité et sa gentillesse, Morad pour son énergie et sa bonne volonté, Kamal pour son sérieux et sa compréhension.
Nous gardons un très bon souvenir de ces quelques jours. Nos photos et le film nous permettent de revivre ces bons moments. Nous reviendrons certainement, à condition ... seule Hafida comprendra ...qu'il y ait des lampes pour bouquiner dans les chambres !!! Nous espérons que tout se passe bien à Laâyoune et nous vous souhaitons bon courage. Nos amitiés aux parents d' Hafida et une bise à Haicham.
Bien cordialement, Murielle, Jean-Louis et Hugo TARLE. »

Et aussi Gerit, participant au rallye Dust and Diesel et client d'un soir à notre Camp Bédouin :

« Hello Luc, we passed a very nice evening at your camp site in January with the last Dust and Diesel Tour from Germany. Thank you for that wonderful place and the time we had ! At our arrival you were telling us about the campsite, the developments and all the history. Thanks a lot and a lot of greets from Munich, Gerit. »

Ou encore Monique, Jacky, Patricia et Norbert qui écrivent à propos de leur grand circuit dans tout le sud marocain : « Kamal, tu as fait de ce voyage un moment merveilleux, agrémenté de détours typiques. Toujours disponible, aimable, d'une grande discrétion, courtois : qualités très appréciables pour ce genre de voyage qui dure dix jours. Je garderai un souvenir extraordinaire de la traversée du désert à Mhamid. Et c'est bien volontiers que nous recommanderons Hors Circuit à nos amis. Nous essayerons de revenir. »

Puis, il est des surprises fort agréables que nous réserve la vie, que seule l'activité touristique dans laquelle je me suis lancé pouvait susciter et que des amitiés lointaines mais vivaces savent procurer (si tu me lis, merci Jean-Mich !). Près de vingt-cinq ans plus tard, une ancienne copine de fac reprenait contact avec moi pour venir séjourner chez nous à Afensou !

« Salut Luc, je voulais encore vous remercier, toi et Hafida, pour votre très gentil accueil à Afensou et tout ce que vous avez fait pour rendre notre séjour chez vous le plus agréable possible. Ce fut le cas ! J'espère que tout va bien pour vous dans le désert. Remets mes amitiés à Hafida et un gros bisou à Hicham stp. Et quand tu reviens en Belgique, fais-moi signe, on essaiera d'organiser une petite bouffe avec Jean-Mi et d'autres anciens copains. Bizz, Chantal. »

Tarfaya et le Cap Juby

Seulement une cinquante de kilomètres sépare notre Camp Bédouin de la petite ville de Tarfaya, chef-lieu de la province dont notre camping dépend administrativement. Les panneaux de signalisation avertissant du danger ne sont pas vains : de nombreux troupeaux de dromadaires aiment à paitre le long de la nationale, pour la simple et bonne raison que l'asphalte facilite l'écoulement des (rares) eaux de pluie sur les bas-côté où pousse par conséquent une végétation plus dense et grasse, fort prisée par les ruminants.

Tarfaya s'étale mollement sur le cap Juby, une petite corne de l'Afrique battue par les vents chargés d'embruns et de sable. Cet ancien comptoir espagnol a tout d'abord été occupé par les Anglais qui y avaient érigé sur un récif un solide magasin pour le commerce, trônant toujours vaillamment au milieu des flots alors que les bâtiments ultérieurs du Protectorat Espagnol ont aujourd'hui piètre allure, à moitié ensevelis sous le sable. C'est également là que Saint Exupéry passa dix-huit mois de sa vie, juste avant d'écrire ‘Courrier Sud'. Ses exploits d'aviateur intrépide sont encore modestement commémorés par une sculpture au centre de la bourgade. Pour le reste, l'activité semble diminuer d'intensité avec le temps qui passe et le désert qui progresse. L'ensablement du port et les forts courants marins ont eu raison de l'unique ferry qui reliait le continent africain aux Iles Canaries. Dans le centre-ville, seulement deux rues sont goudronnées ; la promenade en bordure de plage apparait complètement ensablée et les ruelles étroites semblent décrépir inexorablement depuis l'occupation espagnole. L'emploi est tellement rare que les habitants se précipitent vers moi lorsque je fais halte dans cette ville. Tarfaya est entouré d'un côté par un océan sans pitié, de l'autre par des mers de sable en perpétuel déplacement. Et pourtant, l'endroit a selon moi un charme fou, empreint d'une histoire regorgeant d'épopées récentes et affligé sans relâche par les forces de la nature que l'homme peine toujours à contrer.

L’équipe Hors Circuit s’agrandit encore…

A Afensou, nous accueillons Fatima. Enfin une présence féminine, indispensable pour assurer une bonne tenue de la maison en permanence. Fatima n'est toujours pas mariée malgré la trentaine et s'ennuyait chez elle... Nous avons également recruté un chauffeur-guide, Mustapha, qui nous a été recommandé par une Française travaillant de longue date au Maroc ; il sera chargé d'assurer les transports avec Afensou et les excursions à la journée que nous allons développer au départ de Taroudant.

A Daoura, nous avons engagé Saïd, qui est un cousin de notre cuisinier Youssouf. Il s'agit de son premier job. Homme à tout faire, il démontre depuis trois mois une tranquillité d'esprit rassurante, une omniprésence au travail et une grande affection pour Haicham. Abdellah nous a rejoints il y a peu : diplômé de la même école d'hôtellerie que Youssouf, il est destiné à renforcer l'équipe en cuisine à Afensou et à remplacer Youssouf au Camp lorsque nécessaire ; il a également d'autres cordes utiles à son arc, comme une non-négligeable expérience en maçonnerie et une connaissance correcte de l'anglais. Dernier venu, Hicham, en tant que chauffeur pour le camping. Son premier rôle sera d'assurer les approvisionnements du Camp (eau, nourriture, matériaux de construction) et le transport de l'équipe, notamment pour les sempiternelles formalités administratives que je vais pouvoir à présent déléguer à Youssouf, promu responsable du camping.

L'équipe Hors Circuit compte désormais douze membres. Et pour la première fois, chaque 4x4 de notre flotte a enfin son chauffeur...

Pour combien de temps, l'avenir nous le dira !

Le retour d’Isabelle et Nicolas… avec 5 enfants !

Après le Haut Atlas et Les Terrasses de l'Atlas il y a deux ans, Isabelle et Nicolas ont voulu remettre ça, en optant cette fois-ci pour la Plage Blanche. A condition que Hors Circuit s'occupe activement de défouler tous les enfants accompagnant pour permettre aux parents d'un peu souffler !

Le circuit a débuté par Legzira, que nous aimons tant pour ses auberges simples proposant du poisson frais, ses plages sauvages, ses arches naturelles et ses paysages maritimes. L'épreuve mémorable pour les enfants restera sans nul doute la recherche d'une baignoire naturelle en surplomb de l'océan et surtout la plongée revigorante imposée par l'organisateur !

La suite n'a été que pur bonheur, avec un double bivouac sauvage dans les dunes d'Aoreora sur la Plage Blanche, en totale autonomie. Entre deux baignades dans l'océan, les défis ont été nombreux à avoir été relevés. Jugez-en plutôt d'après les photos : enterrement complet dans le sable, tennis de dune, chasse à l'homme et, pour finir en beauté, un combat des bédouins acharné.

Aucun problème pour s'endormir le soir...

Feed-back :
« Comment ça va chez les Berbères ??? Ici tout baigne : les enfants sont revenus ravis, détendus, ils parlent tout le temps de Haicham ! Vacances inoubliables, pour tous les sept. Un bonheur de voir les enfants aussi épanouis, en sentant en même temps qu'ils vivent des moments uniques, pas comme toutes ces conneries qu'on leur propose partout et tout le temps. J'espère que chez vous tout roule, qu'Haicham continue à faire le bonheur de son papa et Hafida celui de son mari !

« Bonjour c'est Louis (8 ans), j'ai trouvé les vacances très chouettes. Surtout quand on était dans le désert. J'aimais bien l'auberge près des arches. Et merci. »

« Salut Luc et compagnie, je voulais vous remercier tous pour les  vacances qu'on a passées ensemble au Maroc. J'ai préféré la Plage Blanche à tous les autres endroits. Même si il y avait quelques malades au passage et que la route en était parfois un peu longue, j'ai adoré ce genre de vacances. La nourriture était bonne, mais un peu trop d'os dans la viande aux restos locaux ! Le et presque pas de , ça a complété le bonheur de ces vacances. Merci beaucoup et à dans 2 ans. Laurent (14 ans) »

« Bonjour Luc, c'était chouette au Maroc parce que j'aimais bien jouer avec Haicham. Et aussi les jeux qu'on a faits dans le désert. J'aimais bien la Plage Blanche. Je contente de vous avoir revus. Lea (6 ans) »

Dans le bain jusqu’au cou…

« Bonjour, partant du principe que ‘la liberté n'a pas de prix mais qu'elle a un coût', nous avons bien aimé ce circuit en exclusivité !!! Le bivouac à la Plage Blanche et ses environs, avec un itinéraire par les pistes, nous a permis des découvrir des endroits où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied... et de rencontrer des pêcheurs ‘hors norme' et accueillants. Nous avons apprécié la compagnie de Kamal, sa discrétion et ses attentions à notre égard pour que tout se passe bien. Par contre, la partie de plage en face de l'auberge à Legzira a failli vous faire perdre un client...! Après m'être baigné je me suis vite rendu compte des dangers (courants forts et trous d'eau) confirmés par un Français habitué des lieux : il avait lui même été emporté par le courant et témoin de noyades !!!
En conclusion, nous garderons un très bon souvenir de ce circuit qui nous a permis d'échapper aux cars Marmara devant l'aéroport d'Agadir ! Pourquoi pas à une prochaine fois ? Cordialement, Catherine et Jean-Yves BOIS »

Voici quelques-unes de leurs photos prises en circuit...