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Notre magazine
 
Le temps d’un mariage berbère
Numéro 19- décembre 2008   

Clin d'œil sur le voyage de la famille Verbist
Extrait de leur mail de compte-rendu de leur périple dans le désert : « Malgré une météo assez limite, nous sommes vraiment ravis de notre voyage. Nos enfants ne parlent plus que du Maroc, de l' « aventure », du 4x4, des oasis, des dunes... je ne les avais jamais vues aussi enthousiastes ! Saïd s'est montré impeccable, gentil et efficace ; Mohamed extrêmement gentil et excellent cuisinier. Ils nous manquent beaucoup. »

Séjour prolongé de Daniel et Jérôme

Aurais-je pu imaginer revoir un jour mon kiné, qui plus est ici à domicile, dans le fin fond du Haut Atlas marocain ?

Il a certes été un peu déçu par l'absence d'épaisses forêts qu'il affectionne tant lors de ses treks en Afrique centrale. Il est vrai qu'ici l'arganeraie laisse souvent la place à un univers minéral austère lorsqu'on quitte le lit des vallées oasiennes verdoyantes. Mais il a adoré partir à l'assaut de crêtes et crapahuter dans des gorges de cascade en cascade.

Une nouvelle balade panoramique nous a donné l'occasion de rencontrer pour la première fois plusieurs caméléons qu'on a bien failli écraser tant leur mimétisme était réussi. Ce qui amena Hafida à évoquer certaines pratiques ancestrales. Les femmes du coin attrapent volontiers ces bestioles pour ensuite les vider, les saler et les faire sécher au soleil. La peau est alors pilée. La poudre ainsi obtenue est dispersée sur les cendres d'un brasero au chevet d'une femme sur le point d'accoucher pour faciliter son travail.

S'il y a des amateurs, nous pouvons communiquer la recette...

Le rêve s’est réalisé

C'est en ces termes que Alain, grand-père d'Etienne, a qualifié son séjour à Afensou. Nous les voyons ici dévier le cours du torrent avant de crapahuter sans complexe sur les parois rocheuses.

Puis vint le déluge…

Alors que la neige s'installait sur les cimes, la pluie a ruisselé sans discontinuer pendant deux jours, coupant les quatre pistes d'accès à la maison, faisant s'ébouler de nombreux murs de nos jardins, précipitant dans un fracas inquiétant d'énormes blocs de pierre à quelques enjambées de notre demeure. Après avoir résisté toute la nuit, les toits de terre ont fini par percer et tous les récipients ont été réquisitionnés pour faire face aux infiltrations. Par chance, les chambres ont été épargnées et les dégâts propres à l'habitation se sont avérés après coup mineurs.

J'ai fini par apprendre à vivre avec les éléments qui sévissent au pire une à deux fois par an. Le fatalisme me gagne peu à peu ! On reprend les mêmes cailloux et on recommence, souvent en plus solide.

Le coccyx d'Alain s'en souvient d'ailleurs encore. Pour attraper leur avion, il a fallu rapatrier nos amis sur Taroudant en quad et franchir un oued en furie, seul moyen de les sortir du piège de la nature qui nous fut tendu vicieusement pendant la nuit. C'est évidemment le meilleur souvenir des vacances d'Etienne...

Quant aux vacances de Daniel et son fils Jérôme, il a fallu emprunter parfois des chemins inédits pour contourner les nouveaux obstacles...

Du coup, les grandes randonnées ont pris une toute autre tournure. Et la végétation sèche reprit ses couleurs, donnant aux vastes paysages une tout autre allure.

Trois jours de noces

Les mariages berbères se suivent et ne se ressemblent pas. La venue de ma famille et de presque tous nos amis intimes a nécessité quelques dérogations aux coutumes locales, comme cette première soirée informelle dans notre maison avec les parents les plus proches de Hafida. Une bonne occasion en tout cas de se mettre en jambes et d'apprendre quelques pas si particuliers de la danse locale avant la grande soirée du deuxième jour de noces.

Ne riez pas, les villageois apprécient énormément que je revête l'habit traditionnel. Et puis, quoi ? est-ce que je dépareille vraiment ?

A l'approche de la maison de la mariée et à travers tout le village, l'époux avance en musique au son des tambours pour appeler les invités à la noce.
Alors que presque toutes les femmes du village sont présentes (les hommes fréquentent peu les mariages, sauf pour s'affaler sur des tapis devant la télévision...), Hafida parait vêtue de la première de ses quatre robes d'apparat.

Le groupe musical d'Afensou, composé de vingt-cinq musiciens, danseurs et chanteurs, a été convié à présenter son spectacle d'un autre âge.

Il ne me manque plus qu'un pas compliqué à maitriser pour faire partie de la troupe ! Ici, en compagnie de Ali (à droite), notre voisin et l'oncle de Hafida, et du fils de l'aubergiste (à gauche), autre membre de la famille de Hafida et, il y a peu encore, ennemi numéro 2 par rapport à mon installation dans la montagne...

Hafida porte la tenue berbère traditionnelle, avec la coiffe rouge dans laquelle les invités glissent quelque billet en guise de cadeau de mariage en fin de soirée.

Et vive les mariés !