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Notre magazine
 
Le jour d’après
Numéro 58 – septembre 2020  

En ces temps troublés de risque pour notre santé, nous espérons, Hafida et moi, que vous vous portez bien comme nous. C’est l’essentiel.

Fort heureusement, nos lieux d’habitation que sont Les Terrasses de l’Atlas et Le Camp Bédouin, du fait de leur isolement naturel, ne font l’objet d’aucune contamination. Qu’il fait bon vivre Hors Circuit ! A Taroudant par exemple, aucun décès n’a été signalé pour cette ville de près de cent mille habitants.

Edito

En ces temps troublés de risque pour notre santé, nous espérons, Hafida et moi, que vous vous portez bien comme nous. C’est l’essentiel.

Au Maroc, la deuxième vague est arrivée comme en Europe. Après un début de gestion de crise efficace due à une fermeture rapide des frontières et un confinement de près de deux mois, le relâchement de la population, la fête de l’Aïd El Kébir et la période estivale ont permis la reprise de la progression du virus, essentiellement dans les grandes villes du nord. Certaines agglomérations comme Casablanca, Marrakech, Tanger,… ont fait l’objet de nouvelles restrictions de déplacement.

Fort heureusement, nos lieux d’habitation que sont Les Terrasses de l’Atlas et Le Camp Bédouin, du fait de leur isolement naturel, ne font l’objet d’aucune contamination. Qu’il fait bon vivre Hors Circuit ! A Taroudant par exemple, aucun décès n’a été signalé pour cette ville de près de cent mille habitants.

Il est fort probable que le tourisme pourra bientôt reprendre normalement dans le grand sud, à condition d’éviter les cités importantes comme de toute façon nous cherchons toujours à le faire chez Hors Circuit.

Mais si les frontières viennent théoriquement d’être réouvertes en septembre, la situation reste difficile. D’une part les mesures de précautions sanitaires pour les entrants demeurent mal explicitées (le délai maximal pour le test porte-t-il sur la réalisation même du test ou sur l’obtention du résultat ???). Ensuite l’incertitude liée aux vols demeure importante jusqu’au dernier moment et est largement tributaire des interdictions ou recommandations disparates et changeantes formulées dans les différents pays d’origine. Enfin, il n’y a pas vraiment de visibilité sur les prestations locales possibles, beaucoup d’établissements ayant fermé, provisoirement ou définitivement.

Ce constat ne devrait pas évoluer fortement tant qu’un test pratique n’aura pas été mis au point ou qu’un vaccin fiable ne sera pas largement distribué.

La vie confinée aux Terrasses de l’Atlas

Mi-mars, certains de nos clients ont éprouvé beaucoup de mal pour trouver un vol et quitter le territoire, prolongeant ainsi leur séjour parmi nous. Une fois les derniers déposés à l’aéroport et de grosses courses alimentaires effectuées au supermarché d’Agadir en vue de tenir deux bons mois en totale autonomie, il m’a fallu gérer toutes les annulations puis faire les comptes pour déterminer combien de temps nous pouvons tenir sans aucune recette mais avec toujours des dépenses. Electricité, impôts divers, abonnement de téléphone, comptable et bien d’autres postes restent inévitables, hélas.

Il a aussi fallu digérer les pertes sèches subies par l’annulation de ma participation programmée à deux salons du tourisme à Paris en mars.

Seul mon beau-frère Morad est resté à notre charge, pour garder et tenir en état notre Camp Bédouin, sept cents kilomètres plus au sud.

Enfin, nous avons naturellement fermé notre petite école maternelle et adopté une vie familiale cloitrée, avec nos deux enfants condamnés à ne plus quitter la propriété.

Le choc de l’inactivité subite a été violent, par contraste à l’effervescence qui nous animait durant nos repérages tous azimuts de fin 2019 et début 2020 puis lors des séjours successifs de clients à notre maison d’hôtes.

S’occuper pour ne pas sombrer !

Il était un peu dérisoire de recevoir par la poste un courrier de Tripadvisor nous félicitant pour le renouvellement de notre première place au classement des cinquante maisons d’hôtes que compte la région de Taroudant.

Comment prendre plaisir à cuisiner quand nous n’avons plus d’hôtes à régaler ? Hafida trouvera la réponse en construisant un four en terre avec l’aide de Hicham, permettant la cuisson de grosses galettes de pain mais surtout de pizzas berbères croquantes au bord et moelleuses au cœur.

Comment voyager et partir à l’aventure quand on est confiné à un hectare de terrain ? Là encore ma petite femme aura le bon goût de monter notre nouvelle tente nomade dans le jardin récemment créé sur le côté sud de la maison pour célébrer mon anniversaire comme j’aime : autour d’un bon feu et sous les étoiles !

Hors Circuit : plus de jus ?

Comment travailler utilement pour l’après Covid quand il n’y a plus aucune demande de circuit ni même d’intérêt pour le voyage quel qu’il soit parmi notre audience ?

J’y ai vu l’occasion de mettre au point des formules de circuit déjà proposées ponctuellement mais jamais explicitées sur nos sites internet.

Ainsi, une nouvelle rubrique sur les autotours consacre cette façon autonome de voyager, sans chauffeur et avec un véhicule de location, à l’aide d’un roadbook et de réservations d’hébergements fournis par notre agence.

Une autre rubrique propose quant à elle désormais des voyages axés sur la proximité avec l’autochtone et des séjours chez l’habitant.

Reset dans le désert marocain

Dans un autre registre, un séjour d’immersion et de relaxation dans le Sahara marocain a été mis au point avec Eric Remacle, un thérapeute établi en Suisse, diplômé en psychologie appliquée et doté d’une longue expérience internationale de coaching aux meilleures méthodes de reprogrammation de son inconscient.

Avec le Camp Bédouin pour base, nous proposons en partenariat une semaine de déconnexion et de formation à des exercices devant vous permettre de retrouver sérénité et harmonie.

Le voyage est proposé en début d’année et pour la première fois du 24 au 31 janvier 2021. Voyez les informations sur www.horscircuit.fr

Le Tourisme de Demain

Cette frénésie pour le travail s’est ensuite tournée vers une association nouvellement créée en France par les professionnels du tourisme, que j’ai rejointe et où je participe activement à l’un des groupes de travail ainsi qu’au développement de l’antenne marocaine. Ces efforts déboucheront notamment sur la parution d’un article dans le Nouvel Obs et la réalisation d’une conférence virtuelle sur l’avenir du tourisme en Inde pour plusieurs centaines d’étudiants d’une faculté de tourisme à Dehli.

Malgré mon peu d’intérêt pour la vie associative, cette expérience a néanmoins mis en évidence les écarts énormes de perception du tourisme entre les pays développés et ceux en voie de développement, tant au niveau des voyageurs que des prestataires ou encore des autochtones. Elle m’a également permis de confirmer ma passion pour l’écriture…

Hors Circuit Rédaction

Confronté à l’absence totale de revenus et au manque de vision quant à l’avenir à moyen terme, je me suis plongé alors dans la recherche tous azimuts d’une activité complémentaire, qui me rendrait moins dépendant du tourisme et/ou du Maroc. Certains pourparlers avec de potentiels partenaires ont même débouchés sur l’un ou l’autre projet concret mais qui capotera, le plus souvent pour des raisons financières bien évidemment.

Puis comme il y a quinze ans, j’ai tâché de faire l’état de lieux de mes connaissances et de mes compétences. Ça sautait aux yeux : je devais écrire.

Alors j’ai créé la page Facebook Hors Circuit Rédaction, histoire de me motiver, de démarrer la constitution d’une audience potentielle et de disposer d’un support marketing. Ensuite, j’ai ressorti et dépoussiéré l’ébauche de livre commencée il y a si longtemps et qui finalement demeurait le seul projet encore jamais abouti de mon existence.

« Le rêve berbère », avec tout de même ses sept cents pages, a été achevé ce mois de septembre. Il raconte l’histoire vraie de mon changement de vie et de mon installation au Maroc. Une sorte de grande fresque sur le voyage, haute en couleurs, riche en anecdotes, pleine d’aventures insolites et marquée d’un amour au départ improbable. Ce livre sera auto-édité et devrait paraitre avant la Noël, à la fois en format papier, en ebook et en pdf. Peut-être pour vous une idée originale de cadeau ?

Devant l’intérêt marqué par la première fournée de relecteurs, je me suis dit que je devais tenter de pousser mon pion un peu plus loin : un autre livre, cette fois de fiction mais fortement inspiré de faits réels, a été commencé !

Curiosités méconnues du Jebel Ouarkziz

En attendant la prochaine lecture de ce livre et pour terminer par un peu d’évasion virtuelle, je vous propose quelques photos de notre dernier repérage dans le Jebel Ouarkziz, au sud de l’Anti-Atlas, à quelques heures de route à peine de l’aéroport d’Agadir. C’était évidemment juste avant l’introduction du virus dans le pays, il y a plus de six mois déjà, et pourtant cela demeure un souvenir toujours aussi vivace dans notre mémoire à Hafida et moi.

Vous verrez la source chaude de Fask, le bivouac de Hassan à Tidelt, un cimetière champêtre, des gravures rupestres près des campements d’El Borj et ces paysages minéraux mais sablonneux qui sentent bon le désert et dont je me lasse pas…