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Notre magazine
 
Des hauts et des bas
Numéro 35 – octobre 2012  

Un numéro spécial, où il est question d'escalades, de chutes libres. De dégringolades et de remontées de pente.
Un numéro riche en photos, haut en couleurs. Relatant joies et satisfactions, catastrophes et malheurs.

Les Guides de Belgique en trek dans l’Atlas : toujours plus haut !

Pour la deuxième année consécutive, une section de Guides Horizon de Belgique a confié à Hors Circuit l'organisation d'un trek en montagne. Certaines n'ont pas hésité à tenter l'ascension du Jebel Aoulime, mais l'ardeur du soleil aura raison des plus intrépides. Randonnées musclées, bivouacs sauvages, épreuves ludiques et pour terminer un peu de bronzette sur les toits de notre auberge.

Dégringolade de projets voisins à Smara

Depuis notre Camp Bédouin, nous avons voulu pousser plein Est à l'intérieur des terres pour rejoindre Smara. Cette ville aux confins du Sahara marocain peut être qualifiée de moribonde sur le plan touristique bien que la région regorge de sites de gravures rupestres et de paysages désertiques quasi lunaires.

Fondée en 1898, la cité a été incorporée dans le Sahara espagnol, qui rassemblait les territoires de Rio de Oro et de Saguia El-Hamra sous contrôle hispanique, à l'instar de la bande de Tarfaya, du comptoir de Sidi Ifni et des enclaves tout au nord de Ceuta et Melilla.

Smara est également le titre d'un livre écrit par Michel Vieuchange. Ces textes reprennent les carnets de voyage qu'il a tenus du 10 septembre au 16 novembre 1930, en accomplissant près de 1400 km à pied de Tiznit à Smara.

La ville fut aussi touchée par la guerre du Sahara occidental opposant le Maroc au Front Polisario. La bataille de Smara s'est terminée par une victoire du Maroc grâce à une force composée de 6.000 hommes.

Parallèlement à Luc et Martine qui ont sorti le Camping le Roi Bédouin du sable dans la région de Laâyoune, Françoise et Alain ont tout d'abord cherché à reprendre et développer le camping municipal à Smara. Puis, en raison du prix excessif demandé par les autorités locales, ils ont tenté de remettre le Relais Michel Vieuchange à flot pour finir par jeter l'éponge face aux tracasseries administratives.

Aujourd'hui, à notre passage, le camping municipal, situé à la sortie de la ville en direction de Tan Tan, est fermé et inoccupé, alors que les installations paraissent récentes et que les rares arbustes continuent à être arrosés. Quant au Relais Michel Vieuchange, situé sur la route de Laâyoune, les bâtiments tombent en ruines et font l'objet de graves dégradations.

Quel fou, assez audacieux et courageux, pourrait encore espérer faire ressortir du sable un établissement de qualité dans cette région ???

Eriger un mur et craindre de tout voir s’effondrer

Une enquête récente au Maroc montre que le pire ennemi du Marocain se trouve être... l'administration marocaine. Si des résidents tels que moi avaient pu prendre part au sondage, la conclusion n'aurait pu que s'en trouver renforcée !

La « dernière » en date en ce qui nous concerne découle de la visite récente au Camp Bédouin d'une commission sous l'égide du Ministère du Tourisme, regroupant toutes les principales administrations concernées par l'exploitation d'un camping. Elle s'inscrit dans le cadre bien louable d'une volonté de mettre de l'ordre dans le secteur du tourisme et de veiller à ce que tous les établissements disposent des autorisations nécessaires.

La visite a été organisée en mon absence et la commission a essentiellement conclu en la nécessité d'ériger un mur d'enceinte tout autour du camping, pour se mettre en conformité avec la loi. A l'énoncé de cette revendication, j'ai failli défaillir ! Car si l'on m'impose de construire un tel mur, c'est tout le business de ce Camp qui va s'écrouler...

Pour ceux qui connaissent notre Camp Bédouin, pouvez-vous imaginer l'absurdité de bâtir une sorte de palissade en pleine nature, dans un désert quasi vierge, qui ôterait tout l'attrait du Camp, à savoir son panorama ? l'ineptie de devoir monter des murs juste devant les fenêtres panoramiques de nos tentes bédouines qui bordent le périmètre du Camp ? le dégât à l'environnement alors que le camping jouxte une source, une cascade, un ruisseau et abrite nombre de passereaux ?

Outre le coût financier d'un tel ouvrage, c'est surtout l'incohérence d'une telle mesure qui me scandalise. Une enceinte a principalement pour vocation d'assurer une sorte de protection des personnes et des biens. Or, depuis sa création, le Camp Bédouin n'a connu en douze ans qu'un seul vol mineur, suite à une négligence du précédent gérant et au détriment de celui-ci. Depuis notre reprise du Camp, c'est trois vols qui ont été répertoriés (toujours à l'encontre du gérant et non de nos clients), mais du fait des employés que nous avions engagés ! Un mur d'enceinte ne va certainement rien améliorer en termes de sécurité... Que du contraire, en l'absence de clôture nous pouvons voir s'approcher un intrus de loin puis le voir s'éloigner, mais dresser une enceinte lui donnerait tout au contraire un poste d'observation idéal et une cachette facile.

Je peux citer une dizaine de campings dans le grand sud qui ne disposent pas de mur d'enceinte. Sans parler des nombreux bivouacs dans les parties désertiques qui sont en fait des établissements fixes et non temporaires et qui n'ont jamais d'enceinte.Et si l'on s'en tient au plan légal, c'est oublier que la même loi sur les campings comprend toute une série d'autres obligations qui ne sont pas respectées et qui ne nous sont pas imposées, comme elles ne semblent pas l'être ailleurs : l'accès à de l'eau douce, l'accès au réseau électrique, un coffre-fort pour la clientèle, une boutique d'alimentation... et j'en passe.

Evidemment je suis allé vivement protester auprès de la direction de la Délégation du Tourisme, avec toute cette argumentation à l'appui. Je n'ai pu que constater l'incompétence notoire de l'administration en général, le gouffre entre les aspirations de développement du pays et la mise en œuvre locale des mesures, l'hypocrisie des dirigeants de ces administrations. Et puis, on ne sait jamais d'où le coup est parti : dans un pays où la corruption reste le fléau numéro un, un concurrent, un ancien employé ou un voisin jaloux peut parvenir à vous entraver, vous bloquer, vous jeter hors du pays.

Pour l'heure, nous n'avons reçu aucun courrier formel ni été informés même verbalement de quelle que décision administrative finale que ce soit. On prie simplement que ces bureaucrates aient d'autres chats à fouetter et nous oublient aussi longtemps que possible.

L’électricité pour tous au Camp Bédouin

Il aura fallu attendre douze ans... Puis encore une année complète de réflexions, de dur labeur et de mise au point. Amis camping-caristes, organisateurs de raids, voyageurs au long cours, ça y est, vous pouvez désormais vous brancher à notre réseau électrique dans tout le camping.

Notre investissement ne se veut franchement pas rentable, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais il découle d'une volonté de ne pas perdre de clients du fait de l'absence de connexion électrique et d'un objectif de retenir plus longtemps nos clients au Camp pour profiter des environs immédiats.

Pour faire aboutir ce mini-projet, il a fallu tout d'abord ériger un nouveau local technique, plus grand et plus à l'écart du camping. Ensuite acquérir un générateur nettement plus puissant, chose que nous avons pu accomplir par l'intermédiaire de notre ami Pierre de Fort Bou Jerif. Puis, tirer des kilomètres de fils électriques sur toute la superficie du camping. Après, construire des bornes de connexion et les munir de portes. Enfin, partie la plus délicate, procéder aux branchements électriques, chose franchement pas aisée puisque le générateur produit du triphasé. Là, ce sont les conseils judicieux de mon copain Patrick et de ses propres relations qui vont me permettre de réaliser personnellement les connexions. Et ça marche !

Vous l'avez compris, j'ai désormais pris le parti de tout effectuer en interne avec mon équipe, voire parfois uniquement par moi-même, pour éviter les sempiternelles discussions d'argent avec les prestataires extérieurs, les travaux mal finis, les arnaques et les problèmes à répétition une fois le boulot accompli.

 

Aléas de la gestion d’un camping dans le Sahara…

Tenir à flot un camping en zone désertique n'est pas de tout repos !

Pour rendre service à un vieil ami, nous avions accepté d'engager au Camp son jeune fils Ahmed, qui glandouillait à Taroudant. Nous serions remerciés en constatant sa fuite un beau matin, non sans avoir emporté avec lui tout ce qu'il pouvait (argent, téléphones portables, boissons, etc.).

Quelques jours après, le Suzuki et le quad tomberont tous deux en panne. A chaque fois qu'une panne survient, c'est la galère, puisqu'il faut trouver un moyen de tracter jusque la ville de Laâyoune le véhicule immobilisé et de contourner les gendarmes qui ne rateront pas l'occasion de nous coller un procès-verbal ou de nous taxer moins légalement sous prétexte que le remorquage n'est pas conforme. Dans le réservoir du Suzuki on trouvera du sucre. Mon chauffeur affirme que c'est un truc connu localement quand on veut bousiller une voiture... Dans celui du quad, on trouvera pas mal de sable. Les moteurs sont fort heureusement intacts, mais que conclure de ces nouveaux évènements ?

Un peu plus tard, c'est l'eau qui s'en est allée définitivement. Plus une goutte aux robinets : panique à bord ! Le puits aménagé par les anciens propriétaires à la source est effectivement vide. Pour la première fois... En notre absence, Morad, responsable sur place, parviendra tout de même à tirer un tuyau d'une autre petite source et à remplir le puits à l'aide d'une petite pompe hydraulique. Puis, après vérifications à distance par personne interposée, j'aurai l'idée de faire creuser davantage le puits même et, eurêka, le liquide précieux va réapparaitre bientôt. La source s'était simplement bouché naturellement, nous n'avons pas détecté de malversation humaine.

Puis dernièrement, l'éolienne nous a lâchés. A priori, les vents violents qui ont soufflé sur la région ont vraisemblablement dû avoir raison du frein moteur de l'appareil. Il va falloir démâter et identifier la nature de la panne, ce qui ne s'annonce pas une partie de plaisir, d'autant qu'on ne connait personne qui s'y connaisse en la matière dans tout le Maroc. Les nouveaux grands parcs à éoliennes qui commencent à voir le jour un peu partout dans le pays sont installés par des entreprises étrangères et les quelques éoliennes plus modestes qu'on voit ici et là dans l'Anti-Atlas pour pomper l'eau des nappes phréatiques sont purement mécaniques et non électroniques. Bon, la situation n'est pas désespérée à l'aube de la nouvelle saison touristique : il nous reste les panneaux solaires et trois générateurs !

Un bain panoramique dans le désert !

Toute cette eau coulant de source (enfin, en temps normal !) et allant se perdre dans le fond de la dépression bordant notre Camp Bédouin... Il fallait faire quelque chose !

L'idée d'un bain panoramique s'est rapidement imposée, comme la seule solution possible d'ailleurs : étant donné la salinité de l'eau, il était impossible d'envisager la construction d'une piscine en bonne et due forme !

Sans maçons et à la bonne franquette, nous nous lancerons donc, tels des apprentis sorciers, dans l'édification de cette cuve en ciment, en utilisant au mieux les matériaux de l'endroit. Le résultat, ma foi, est fort plaisant : on peut se tenir facilement à huit personnes, assises, tout en profitant du panorama grandiose sur la sebkha. De quoi se requinquer après une longue journée de route ou de pistes dans le Sahara. Le glouglou de la fontaine et celui du débordement de l'eau parachèvent l'apaisement total. Et un apéro à la main, ça le fait encore plus !!! Et glou, et glou...

Dégringolade d’un âne : la chute de Charlie

Après la perte de notre dromadaire, c'est une chevrette qui s'en va, dans des circonstances apparemment naturelles mais peu claires tout de même.

Puis il nous faudra nous séparer d'un chevreau pour le moins remuant, qui n'a visiblement (si j'ose dire) pas apprécié de voir son reflet dans la lunette arrière d'une voiture d'un client et l'a défoncée à coups de sabot.

Notre gentil âne Charlie n'était décidément pas si jeune qu'on me l'avait prétendu... Un beau matin, nous le retrouvons tout en bas de notre jardin à Afensou, emmêlé dans le grillage. Il a glissé durant la nuit depuis notre maison jusque sur la piste du village. Bilan : des côtes cassées ! Mon beau-père Abdullah parvient à le remettre sur pattes au prix d'efforts herculéens et l'âne entame sa convalescence dans l'étable qui a été érigée pour lui. Une dizaine de jours plus tard, rebelote. Charlie a chuté à nouveau et cette fois il ne s'en relèvera pas. Il mourra dans la journée.

Notre arche prend l'eau de tous côtés... Mais n'allons pas nous-mêmes nous laisser abattre ! Beau-papa Abdullah est renvoyé au souk du dimanche avec mission de dégoter un quadrupède un peu plus vaillant. Longue vie à notre Charlie, le second du nom !

Un marketing à la hausse !

Après notre maison d'hôtes Les Terrasses de l'Atlas, c'est notre Camp Bédouin qui figure désormais sur Trip Advisor.

Du côté des sites internet de réservation d'hébergements, Hostelworld.com, Venere et Maroc Origines viennent s'ajouter à Booking.com pour la réservation de séjours à Afensou.

Le forum www.lemarocencampingcar.com, le guide allemand de voyage Edith Kohlbach, www.go-south.org parlent désormais des dernières améliorations à notre Camp Bédouin.

Notre dernière impulsion consiste à développer des partenariats avec d'autres hôtels et riads pour proposer des séjours complets au Maroc et des circuits 4x4 combinant séjour chez eux et chez nous ainsi que recourant à notre organisation pour le transport et les activités. L'établissement de soins Les Bains Berbères, le riad Dar Fatima dans la médina de Taroudant, le riad Janoub à Tiznit et prochainement le Riad L'Orchidée à Marrakech, la Maison Traditionnelle à Tafraoute et Dar Azawad à Mhamid publient ou vont publier sur leur site des circuits concoctés par Hors Circuit.

Mais alors que je me bats pour réussir, d'autres réussissent à m'abattre, voyez plutôt la suite...

Dégringolade au fond d’un gouffre et effondrement de mes dernières illusions…

Hafida ne savait pas comment me l'annoncer. J'étais allongé sur mon lit, à notre maison berbère d'Afensou quand elle est venue m'informer que notre tout dernier 4x4, âgé à peine de deux ans, venait d'être trouvé tout cassé au fond d'un ravin, pas très loin de notre domicile, sur le versant opposé de notre torrent.

Ce véhicule devait justement être transféré à notre nouvelle société de transport touristique et ainsi mettre fin à un marathon administratif datant de plus de cinq ans ! Il était évidemment aussi déjà affecté à la réalisation de plusieurs circuits réservés par notre clientèle dans les semaines suivantes. OH NON ! Ce n'est pas vrai !!! De rage, j'ai tapé de toutes mes forces avec mon poing dans une porte en fer. Car j'ai immédiatement compris... Et ai de suite mesuré l'ampleur des dégâts immédiats et à plus long terme...

Ignorant la douleur et fou de colère, j'ai empoigné mon beau-père, sauté dans l'un de nos 4x4 et foncé sur l'autre rive. Au fond d'un ravin gisait mon Defender, tout cabossé. Sur le bord de la route, en contrehaut, gisait un homme inconnu, ensanglanté. J'ai hurlé de toutes mes forces : « Kamal, connard, salopard ! ».

Mon premier réflexe a été de vérifier l'état de santé du chauffeur blessé. L'ambulance était déjà en route. Mon deuxième a été de photographier la scène et les traces de glissade du 4x4, en sortie d'un virage. Le conducteur a visiblement perdu le contrôle du véhicule dans ce tournant. L'ambulancier, une fois sur place, veut attendre l'arrivée des gendarmes : il me faudra l'engueuler pour qu'il emmène le blessé sans plus attendre.

Et là, je reconnais subitement le conducteur accidenté : il s'agit de l'un des mécaniciens qui travaillent parfois sur nos voitures.

Je venais de quitter un peu plus tôt mon chauffeur Kamal, venu me ramener à Afensou un autre 4x4 après entretien à Taroudant et prendre ses instructions de travail pour les jours suivants. Il devait redescendre en ville en camion avec un voisin. En réalité, il refusera de monter à bord du camion et devait se faire ramener dans la plaine à bord d'un autre de mes 4x4, acheminé jusqu'ici par le mécanicien. Kamal prétextera à la gendarmerie qu'il voulait faire effectuer un essai du 4x4... Ben voyons, un essai de 70 km, dans la montagne et jusque justement en face du domicile du patron et à son insu total... Les langues se délient : ce n'était pas la première fois ! Tel ou tel l'a déjà vu transporter des gens (comprenez des Marocains) à Taroudant à bord de mes 4x4. Etc.

Mes dernières illusions se sont définitivement évaporées. Après mes précédents chauffeurs, dont mon dernier chauffeur en date Saïd qui a connu la déchéance totale, voici celui-ci qui ne vaut guère mieux et se paie copieusement ma tête.

Attendez, vous ne savez pas encore la meilleure... Le mécanicien n'a pas de permis de conduire ! Outre la trahison, au-delà de l'abus de biens sociaux, c'est la totale immaturité et inconséquence du comportement de Kamal qui ébranle sérieusement mes finances et l'orientation de mes affaires à l'avenir. A deux ans, le véhicule perd un maximum de sa valeur vénale, de telle sorte que j'essuie une perte sèche significative du fait du piètre remboursement du sinistre par l'assurance. Du fait même qu'il n'a que deux ans, on ne peut même pas envisager de réparation valable à court terme, de telles pièces de rechange étant introuvables au Maroc. Pire, aucune réparation à la sauce africaine ne permettra de récupérer un véhicule en état de marche et de présentation correct pour y transporter une clientèle forcément exigeante.

Mais ce n'est pas tout : le 4x4 va finalement être déclaré « réformé » par l'expert. Il me faudrait donc en acquérir un nouveau...

Le pompon, vous le connaitrez au prochain numéro de ce magazine : à l'heure actuelle, l'assurance remet en cause l'indemnisation du fait que le chauffeur n'avait pas de permis de conduire, à moins de prouver qu'il y a bel et bien eu abus. Je me sens aussi cassé que mon 4x4, à vrai dire...

Alors que Kamal ne sait pas encore à quelle sauce il va être mangé (la prison ferme lui pend au nez), que je ne sais pas à quelle sauce ma compagnie d'assurance va me manger (indemnisation ou pas ?), il me faut prendre de grandes et sages résolutions, à tout prix et sans plus tarder. Car il ne s'agit pas ici seulement de ma santé financière mais de mon état physique et mental. Ca ne peut pas continuer ainsi...

Exit donc Kamal : j'assumerai désormais moi-même les circuits spéciaux (treks, bivouacs sauvages, pistes inédites, etc.), mes partenaires en transport touristique assureront les circuits plus classiques et Hafida doit de toute urgence passer son permis de conduire pour accroitre notre autonomie. Les vieux 4x4 sont transférés au Sahara ; je reprends le bleu de travail pour superviser moi-même l'entretien des véhicules et je forme mon beau-frère à la mécanique sans plus tarder. L'équipe est réduite à sa plus simple expression et à l'entourage de confiance ; je vais refuser les activités peu significatives et sélectionner ma clientèle. Des dispositions financières sont également prises pour réduire significativement les frais fixes et être à même de mieux absorber le marasme actuel dans l'industrie du tourisme.

Bon, tout cela ne remet certes pas en cause la qualité de nos circuits ou de nos hébergements ni la compétence des chauffeurs auxquels nous recourrons. Il s'agit « juste » d'un nouveau rebondissement dans le développement de nos activités touristiques au Maroc, d'une galère de plus à surmonter et d'un bel exemple supplémentaire de la difficulté à pouvoir déléguer et faire confiance.

Concentration, externalisation, spécialisation, tels sont donc les ingrédients de mon remède pour remonter la pente sans plus attendre.

Eko, le petit garçon de la falaise

Malgré l'isolement de notre domicile dans le Sahara, notre petit garçon Hicham a fini par rencontrer un copain au Camp Bédouin. Il s'appelle Eko. Il vit à quelques centaines de mètres de notre campement, dans la falaise de calcaire surplombant la dépression Oum Dba.

Notre ChamCham passe des heures entières à jouer avec lui. Ou n'est-ce pas plutôt à converser avec lui ? Il s'agit toujours du même jeu en fait, qui le fait grandement marrer. Il crie un mot et Eko lui répond ensuite. « Tajine ! » ou « Moustiquaire ! » ou « Broum-broum ! »... Et Eko ne s'en lasse jamais, lui non plus et répond : « Tajine ! », « Moustiquaire ! », « Broum-broum ! »...

Mais Cham n'est pas encore parvenu à apercevoir le petit Eko, qui se cache vraiment bien dans la falaise...

Un voyage hors du commun

Depuis Changhaï où il habite, notre désormais ami Dany a signé avec Hors Circuit pour un circuit de deux semaines à travers tout le sud du Maroc. Voici ce qu'il en dit : « Les deux semaines passées en compagnie du chauffeur Kamal dans le sud du Maroc ont été magnifiques. Ce circuit individuel préparé aux petits soins par Luc m'a fait aimer le pays et me donne envie d'y retourner le plus tôt possible. Les hébergements étaient bien choisis, les activités offertes étaient bien encadrées et variées : j'ai particulièrement beaucoup aimé la descente en VTT dans le Jebel Saghro, où nous étions tout seuls. A la plage Blanche, le poisson grillé au bivouac sauvage était excellent. Nous sommes passés par des villages, des pistes, des pics, des montagnes, des plages qu'aucune autre agence qu'Hors Circuit n'aurait pu mieux organiser, à mon avis. Luc connait le Maroc comme sa poche, même un autochtone ne maitrise pas les routes et les pistes autant que lui : merci Luc pour ton professionnalisme et ton sérieux.
Je vous remercie donc tous : Luc, Kamal, Hafida (quel bon couscous !), le petit Hicham et Abdullah, qui avez tous contribué à rendre ce voyage exceptionnel et convivial, authentique et hors du commun. Cordialement et à un prochain voyage, Dany Chane. »

Casablanca

Quel choc de se retrouver coincé dans les embouteillages de Casablanca ! On ne gardera forcément pas un souvenir impérissable de notre séjour dans la capitale économique du pays. Si ce n'est peut-être la visite de la mosquée Hassan II, un incontestable joyau architectural et probablement l'un des derniers de l'époque contemporaine réalisés par l'Homme. Un havre de paix et de recueillement érigé sur l'océan, pour fuir l'effervescence du centre urbain, sa pollution, son agressivité et ses innombrables chantiers.

Pureté des lignes, toit ouvrant inédit, richesse des matériaux : on en a certes plein les yeux. Plutôt que des mots, voyez plutôt les photos ci-dessous.

Mais aussi, sommes toutes, sanctuaire mégalo et monument indécent : les guides répondent à toutes vos questions, pas en tout cas à celle du financement de l‘édifice !

Dans le prochain numéro

Rendez-vous dans trois mois pour la suite des évènements. Nous pourrons établir le bilan financier de cette année, qui sera forcément négatif pour la première fois. Avoir une idée de la tournure de la saison touristique 2013. Déterminer si toutes les mesures prises ou envisagées à très court terme pour remettre à flot le navire Hors Circuit tiennent le cap. Savoir si la justice marocaine aura correctement fait son boulot à l'égard de mon chauffeur malveillant.

Nous pourrons peut-être alors nous tourner à nouveau vers l'avenir, mettre en œuvre nos projets de développement pour l'an prochain. Nous pourrons peut-être alors souffler un peu, nous détendre et tourner définitivement ces pages désormais écrites dans le marbre.