Vous êtes ici:   Accueil > Notre magazine > Aventures hivernales...
 
Notre magazine
 
Aventures hivernales
Numéro 20 – janvier 2009   

Nos amis Demarche à Afensou
«La réalité était à la hauteur de nos attentes. Accueil, authenticité, nature, déconnexion, délicieux tajines, mémorables pique-niques et couscous... royal ! Nous avons oublié la Belgique, la crise financière mais aussi le nombre de fois où nous a avons dit qu'il faudra revenir. Y a plus qu'à !»

Clin d’œil : nouvelles découvertes

Le petit frère de Hafida, 4 ans, en visite chez sa sœur à l'occasion de la fête du mouton, n'a plus fini de s'étonner des machines étranges qu'utilise son Belge de beau-frère...

1. Yassin, vas voir dans cette pièce comment on lave le linge ici !

Quelques instants plus tard, il en revient, indécis...

1. Mais on ne voit même pas les mains qui lavent : où sont-elles ?

Qu'elle est belle l'innocence à l'état pur...

Hafida et Morad auront aussi, la semaine suivante, tout le loisir d'être interloqués lorsque je les emmène avec nos amis Demarche aux cascades d'Issoual par temps incertain. Les nuages firent leur apparition au-delà d'une altitude de 1700 mètres et le vent se mit à souffler progressivement. Intrigués, ils virent tomber entre les noyers de jolies petites fleurs blanches alors que la saison n'aurait pas dû le permettre. Ces pétales s'accumulaient dans les replis de leurs vêtements. A ma grande surprise, je compris qu'ils n'avaient jamais vu la neige tomber ni à quoi ressemblaient des flocons. Ceux-ci étaient particulièrement superbes. Vu d'Afensou, la neige tombe à l'insu des habitants des vallées, dissimulée par un épais brouillard nuageux pour n'apparaître qu'à la fin de la tempête, complètement formée sous la forme d'un long manteau blanc couvrant les crêtes.

La saga internet

Je ne compte plus les démarches vaines en vue de m'enquérir de la possibilité de capter l'internet à Afensou. Employés et directeurs des agences de Maroc Télécom, tant de Taroudant que d'Agadir, ont soufflé le chaud et le froid sans discontinuer pendant les six mois qui suivirent l'installation de l'antenne de téléphonie mobile sur une colline avoisinante, affirmant puis infirmant la faisabilité d'une connexion au web.
Bien que désormais habitué à l'incompétence professionnelle au Maroc, mon esprit logique ne pouvait admettre qu'un client venu se restaurer en notre auberge puisse recevoir ses emails sur son Blackberry sans que moi je ne puisse accéder à la toile.
Et puis le Père Noël a dévié de son chemin habituel pour passer en pays musulman à Afensou et apporter dans sa hotte une liaison gprs, modeste certes, mais qui va désormais bouleverser mon mode de vie et faciliter grandement mon travail. Dans une région où l'âne reste de loin le moyen de transport le plus usité et où je demeure le seul Européen à vivre et travailler en permanence, ce progrès est pour moi comme sortir de la préhistoire pour être propulsé aux avant-postes du e-commerce. Les clients s'étonnent de la rapidité de mes réponses. Je vais pouvoir maitriser le contenu de mon site internet. Demain, je converserai par webcam avec mes prospects, à l'ombre de mes arganiers.
Mieux encore, alors que personne d'autre n'a encore eu vent dans ces vallées de la possibilité d'accès à internet (ils découvrent à peine l'usage de la téléphonie mobile), on m'installe cette semaine la première connexion à internet par téléphonie fixe sans fil, avec un débit deux fois supérieur.
Je suis pris de vertige...

Lune de miel par zéro degré

Quelque part sur les versants sud du massif du M'Goun, le second 4000 mètres du Maroc... Après avoir roulé dans le lit asséché et caillouteux d'un oued au fond d'une gorge étroite, il a bien fallu nous arrêter avec la nuit tombante et la montée en puissance d'un vent d'hiver particulièrement piquant. Inspirés par les bergers semi-nomades de l'endroit, nous ne trouvons pas de meilleure solution que nous abriter dans une grotte inoccupée, creusée de main d'homme dans la falaise. Les habitations troglodytiques foisonnent dans la région. Dans l'une d'elles, nous préparerons notre repas et dormirons à même le sol, bien au sec.

Après la traversée de hauts plateaux formant un désert d'altitude, nous parvenons en 4x4 au village encaissé de Tamalout, au cœur de la célèbre Vallée des Roses. Qui offre en spectacle bien peu de fleurs finalement, l'appellation erronée provenant davantage de la couleur rose de ses montagnes. Par contre de superbes kasbah nichées au creux de gorges toutes plus fascinantes les unes que les autres. L'endroit constituera notre base de départ pour de multiples repérages en quad, que nous avons emporté dans la benne du Defender. Un choix qui va s'avérer rapidement judicieux, car la plupart des pistes d'altitude sont devenues impraticables suite aux pluies récentes et à la fonte en cours des neiges de l'Atlas.

Mon objectif est d'accéder au plus haut col du Maroc, perché à l'ombre de la ligne de crêtes enneigées du M'Goun et coincé entre une kyrielle de trois mille mètres.

La progression, sportive et musclée, commence fort par le franchissement d'une multitude de gués à la profondeur inquiétante, sous le regard médusé de Berbères chevauchant leurs montures pour rallier quelque village d'altitude. Se poursuit par le pilotage obligé dans le lit de l'oued en crue, naguère point de passage sommaire pour les 4x4. Ascension vertigineuse ensuite à flanc de montagne par une piste en lacets en réfection jalonnée d'éboulis et d'ornières. On finit dans la neige, sur des passages incertains qu'il faut négocier avec une extrême prudence ou au contraire franchir à l'arraché après plusieurs tentatives infructueuses.

Une centaine de mètres me sépare encore du tizi. Il faut abandonner le quad et finir à pied, à l'instar des habitants de la haute montagne qui doivent délaisser les transports motorisés locaux pour acheminer à dos de mulet vivres et bagages. Une occasion d'échanger sourires, quignons de pain sec et poignées de cacahuètes humides.

Kamal, la nouvelle donne

Il n'est autre que le frère de Mohamed, l'ami marocain de la première heure et autre membre de l'équipe. Recruté à l'essai comme chauffeur et parlant couramment l'anglais, il devrait compléter à merveille le team Hors Circuit et donner un peu d'air tant à Afensou que pour la nouvelle clientèle anglophone qui commence à acheter nos produits.

La famille Garezzzz…

Une grande zizanie a marqué le circuit dans le désert de la famille Garez au Maroc au Nouvel An. Les uns prétendent qu'il faut prononcer le ‘z' à l'espagnole et les autres le ‘ez' comme un e aigu. C'est oublier évidemment que Germaine, fière grand-mère de 81 ans, a pu réunir pour la première fois et ici emmené ses 24 petits enfants, venus pour certains du fin fond du Canada. Un bel exploit et une belle leçon d'entente familiale.

Laurence, 24 ans, parle « d'une belle aventure, d'un paradis sur terre et d'un guide génial » (qui, moi ???). JB, 23 ans, évoque « une véritable expérience que chacun devrait vivre une fois et d'un amoureux de la nature qui saura vous emmener hors des sentiers battus à la découverte du Maroc authentique » (ben ouais, c'est peut-être bien moi en fait !). Juliette, 11 ans, s'est « trop bien amusée » et dit « avoir eu la chance d'avoir eu un guide comme ça, qui les fait rire » (ah bon ? je vais finir par rougir...). Blandine, 19 ans, qui revendique la prononciation du ‘z', a aimé avoir pu partager un peu de mon expérience et l'histoire de ma vie peu commune (ah, si elle savait le reste !). Charles, qui pourtant a 26 ans, prétend que « le Maroc peut être fier de m'avoir comme un des leurs ». Bon arrêtez les gars, vous me gênez, là ! Allez, hop !, z'êtes tous engagés dans mon équipe marketing, au diable l'avarice !

L’heure du bilan 2008

Alors que les douze coups sonnent le changement d'année, je m'étonne de toujours survivre au Maroc malgré le gouffre des cultures, les incertitudes administratives, le côté aléatoire du développement de Hors Circuit et les coups bas. Car plus d'une fois, j'ai fléchi, mais sans encore jamais tomber complètement. Allah fasse que ça dure !

Les objectifs commerciaux et financiers ont été atteints, voire même dépassés, alors même que désormais je dois compter à 90% sur la nouvelle clientèle que je peux trouver sur internet. Voilà une évolution rassurante. Le site www.hors-circuits-maroc.com inspire confiance. Nos circuits plaisent et Afensou séduit à n'en pas douter. Bien sûr, pas de quoi rouler en Rolls, mais l'objectif de mon changement de vie à 180° n'était tout de même pas là, pas vrai ?

Me voilà marié à ma jolie petite femme berbère et, si mon nouveau dieu le veut bien, bientôt père d'un BBBB (bébé belgo-berbère).

Les objectifs pour 2009

Mon ambition est de continuer à afficher une certaine progression dans les affaires, malgré le climat économique morose, pour principalement couvrir les frais de recrutement de nouveau personnel et de fonctionnement du troisième 4x4 à venir.

Priorité donc à la formation du personnel pour mieux pouvoir déléguer. Initier Kamal aux itinéraires Hors Circuit et au service à Afensou. Continuer à former le jeune beau-frère Morad qui donne pleine satisfaction dans notre maison d'hôtes et ravit les clients. Dénicher des femmes dans le village d'Afensou pour soulager Hafida des tâches ménagères de base afin qu'elle puisse se consacrer davantage à nos hôtes.

L'angle d'attaque restera notre site internet, dont on va changer le langage de programmation pour me permettre d'adapter le contenu à mon gré. Que l'on va présenter désormais en plusieurs langues pour capter plus de clientèle. Qui va proposer davantage de produits, comme des treks, des circuits VTT, des circuits repérage, des séjours de tourisme solidarité et bien d'autres choses encore.

Enfin, nous comptons multiplier les contacts avec les établissements hôteliers locaux et avec des prestataires de confiance auxquels nous pourrions déléguer nos circuits plus classiques ou avec lesquels nous comptons proposer des produits spéciaux comme un bivouac exclusif dans le désert au Nouvel An prochain.

Il n'est pas trop tard pour vous présenter tous mes vœux de bonheur pour 2009 et, qui sait, de nouveaux moments Hors Circuit à partager ensemble.