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A petits pas !
Numéro 7 - 15 avril 2007   

Ca y est ! Nous avons enfin réalisé nos premières ventes par internet. Référencé gratuitement depuis fin janvier sur des centaines de moteurs de recherche ainsi que de façon payante sur Google et sur le site du Guide du Routard, notre site www.hors-circuits-maroc.com connaît une fréquentation croissante. Avec les vacances d’avril, ce sont plusieurs dizaines d’offres qui ont été remises en réponse aux demandes les plus variées de France, Suisse et Belgique.

Premiers pas sur la toile

Il semble que la conception et le contenu de notre site inspirent intérêt et confiance, voilà qui est fort encourageant.

Rapidement va se poser le problème déjà évoqué d’assurer la logistique pour plusieurs circuits distincts simultanés, donc celui du développement de la flotte de 4x4 et du personnel, sans toutefois baisser d’un iota le niveau souhaité de qualité, d’accueil et de professionnalisme voulu pour Hors Circuit.
Daniel et Sylviane ont été les premiers internautes à goûter à l’esprit Hors Circuit, notre première clientèle non issue du cercle famille – amis ou du bouche à oreille.
Partis de Marrakech, ils ont traversé le Haut Atlas puis l’Anti-Atlas pour se rendre dans la région désertique du Lac Iriki et de l’Erg Chegaga. Ayant opté pour la formule « tout bivouac » que nous leur avions conseillée, ils ont tellement apprécié qu’ils ont même dormi souvent à la belle étoile et finalement prolongé leur séjour pour remonter la Vallée du Drâa célèbre pour ses oasis verdoyantes et ses kasbahs. Les bons soins de l’équipe Hors Circuit, Saïd et Rédouane, ont valu à l’Organisation une élogieuse notation de 9,9/10. Lisez leur commentaire dans le Livre d’Or sur notre site.

La propriété d’Afensou

Parmi les bonnes nouvelles, relevons avec délectation la paralysie de notre ennemi numéro un, le sieur Tachiforte, escroc de profession, et le soutien confirmé du Caïd de la région dans le litige qui nous oppose au vendeur de notre propriété d’Afensou. Celui-ci vient d’ailleurs encore de réitérer ses menaces d’envahir la maison avec ses fils pour en reprendre possession, c’est dire l’ambiance ici…

Dans un tout autre registre, l’heureuse naissance de dix chiots mis bas par notre berger allemand Laura, qui attendrit tous nos invités !

Côté maçonnerie, nous attaquons la construction d’une nouvelle chambre avec âtre et salle de bain « à la balinaise ». Le principe de cette dernière est de rester en grande partie à ciel ouvert et d’être dotée d’un jardin intérieur exubérant, de quoi tremper dans son bain tout en admirant le paysage. Par ailleurs, nous commençons à creuser deux salles de bain supplémentaires dans l’ancien kori (étable) pour rendre nos chambres à l’étage plus confortables.

Abdullah, notre Obelix local !

Notre maçon et désormais gardien Abdullah, comme tous les autres ouvriers de la montagne, a bien du mérite. Pour un salaire journalier dérisoire vu d’Europe (quatre à sept euros la journée), son travail principal consiste, pendant huit à dix heures, la plupart du temps sous un soleil de plomb, à remuer la montagne ! Car l’aménagement d’une maison comme la nôtre, située sur la pente abrupte d’une colline, demande de perpétuels terrassements et la recherche de matériaux de construction sur et dans le sol même.
Notre maison est faite de pierres et de terre, récoltées sur place. Et quand on creuse, on ne sait jamais sur quelle taille de rocher on va tomber ! Avec de simples outils (pelle, pioche, pic, masse), Abdullah dégage la terre et casse du caillou à n’en plus finir. Obélix, à côté, n’a qu’à aller se rhabiller !

Imaginez que la réalisation de la future piscine va nécessiter le dégagement et le transport de plus de deux cents tonnes de terre et de roche à mains nues… Car l’utilisation d’engins de terrassement est ici exclue. Qui plus est, cela ôterait le pain de la bouche de notre ami et de bien d’autres ouvriers du village.

Le séjour de Patrick et Laurence à Afensou

Séjour détente pour Patrick et Laurence, venus se reposer dans notre maison berbère une dizaine de jours sans leurs enfants.

Tout d’abord découverte pour eux d’un autre mode de vie plus convivial, où l’on mange par terre avec ses mains dans un même plat le plus souvent en compagnie d’amis ou de voisins berbères. Où l’on rencontre le temps d’une palabre ou d’un thé le potier, le boulanger, le maçon. Où les promenades dans les souks de montagne, dans les villages d’altitude, dans les hauts pâturages ne sont pas gâchées par des sollicitations intempestives comme dans les régions touristiques.

Ils m’ont accompagné pour quelques repérages de pistes vertigineuses dans des vallées reculées dont ils mettront un certain temps à se remettre…

Au hit parade des bons moments, citons notre veillée en bivouac sur une crête panoramique où quelques chansons improvisées sur le thème du tajine entraîneront de sacrés fous rires, les soirées à jouer aux cartes au coin du feu dans notre ancienne cuisine, la remontée mouvementée d’un oued en eaux vives.

La beauté sauvage des lieux nous donnera l’idée d’envisager l’organisation d’un camp scout en 2008 dans l’Atlas marocain.  

Chiche en bakchich ?

La corruption de l’administration est omniprésente et pas près d’être éradiquée, c’est clair. Elle fait partie de notre vie au quotidien. Le Marocain de la rue s’en accommode par habitude et par nécessité. Depuis toujours habitué à la soumission à une autorité étrangère ou locale, il ne questionne même plus le bien-fondé de cette pratique. En définitive, cela arrange tout le monde quand on refile un pot-de-vin de quelques dirhams plutôt que de devoir s’acquitter officiellement d’un montant bien plus élevé.

Pour l’Européen désireux de s’installer dans ce pays, il y a plusieurs attitudes possibles.

Celle du refus catégorique, tout d’abord. Ce comportement vertueux ou d’indignation a ses limites quand il s’agit de résoudre un problème qui est insoluble légalement mais tout à fait contournable quand le porte-monnaie met un peu de bonne volonté. Le refus peut conduire parfois l’autorité à gentiment reconduire l’étranger à la frontière quand il s’oppose trop vertement à cette pratique. En conclusion, une arme à double tranchant.
 
Celle de la soumission totale, ensuite. Ce qui permet assurément d’ouvrir bien des portes et de vivre passablement en paix. A priori. Car les officiers publics ont vite fait, via le téléphone arabe, de se passer le mot afin de plumer au maximum la pauvre poire en question.

Puis la voie du juste milieu. Haute voltige et épreuve nerveuse en perspective pour celui qui tente de déjouer les pièges de l’administration locale qui garde tous pouvoirs et en abuse royalement. Il s’agit de ne lâcher un pourboire qu’en rémunération d’un réel service (je dis « réel » car bon nombre d’obstacles administratifs sont créés de toute pièce pour récolter au passage le bakchich).

Quoiqu’il en soit, la bonne humeur et la politesse exagérée sont de rigueur pour amadouer l’enfoiré qui profite de la situation. Pas toujours facile, quand le capital humour a tendance à s’éroder avec le temps… Ensuite, c’est le plus rusé qui s’imposera, c’est sûr. Et là, tous les moyens sont bons !

Prenons quelques exemples vécus récemment…

Dans le désert, un type déboule dans notre campement à bord d’un rutilant 4x4 immatriculé en Arabie Saoudite et nous demande des comptes, arguant son statut de garde-chasse. Sans se laisser démonter, Saïd a quant à lui prétendu qu’il était le roi des Belges et moi lui ai demandé de justifier son identité, ce qu’il n’a pu faire. Il s’en est allé bredouille.

Lors d’un repérage en haute montagne, nous avons fini en bout de piste dans un village d’altitude d’où la vue était exceptionnelle et le contact avec les habitants cordial. En rebroussant chemin, une haie de vieux nous barrait le passage. Il s’agissait du « chef » du village qui réclamait de voir la carte grise de la voiture et la carte d’identité de mon assistant Rédouane. Bien sûr, il s’agit d’une manœuvre qui consiste pour lui à chercher la moindre faille sur le plan administratif de sorte à nous amener à lui verser un bakchich pour éviter l’amende. Comme toujours, l’autorité s’adresse à mes collaborateurs marocains, qui connaissent les règles du jeu et de manière à ne pas être compris de l’Européen. Manque de bol pour ce filou, j’étais pas vraiment de bonne composition. On a d’abord exigé ses papiers à lui, devant tous les autres villageois. Puis j’ai empêché mon collaborateur de lui parler en affirmant qu’il était mon employé et que j’étais le responsable, donc la seule personne à qui parler. Lui ai ensuite rappelé que le français est une langue officielle au Maroc et qu’il n’a qu’à s’exprimer dans cette langue s’il veut discuter de son soi-disant problème. Enfin, droit dans les yeux, je lui ai fait comprendre avec mes rudiments de berbère que je devine parfaitement ses intentions, qu’il est hors de question de lui verser le moindre dirham et que je n’en ai d’ailleurs pas un seul sur moi. La piste sur laquelle nous circulons n’est soumise à aucun droit de péage que je sache et s’il continue à nous importuner je le menace d’aller me plaindre chez mon ami le Caïd. Là-dessus, j’ai démarré.

Supposez qu’à chaque village le même scénario se reproduise, on va où, là ???

L’Appel du Désert pour la famille Delaye

A l’occasion des vacances de Pâques, mon fiston Jordan et la cousine Véro se sont joints à nos amis Jean-Louis et Marie et leurs trois enfants pour un circuit Taroudant – Erg Chegaga – Afensou. Un mélange médina, désert et montagne arrangé à la sauce « challenge » en vue de divertir les plus jeunes.

A cette occasion, nous avons véhiculé le plus jeune compétiteur ayant jamais participé aux aventures  Hors Circuit : Romain, 5 ans. Qu’à cela ne tienne, les terrains difficiles ne rebutent pas notre aventurier en herbe. Profitant pleinement du « plus grand bac à sable du monde » (pour reprendre ses termes), le benjamin n’aura de cesse de pourchasser la faune locale, de dévaler les dunes, de creuser le sol sans rechigner à concourir aux épreuves décapantes imaginées par l’organisateur !

Pour la plupart, il s’agissait d’une première à bien des points de vue : première nuit sous tente, premières dunes, première nuit à la belle étoile, premier dromadaire, premier repas à manger sans couverts, etc.

Les enfants ont raffolé des multiples défis lancés par l’équipe Hors Circuit, comme quoi cette formule « challenge » connaît vraiment un grand succès tant auprès des petits que des grands.

Mémorables resteront le combat des bédouins à la farine dans les dunes, l’enterrement dans le sable, les courses et la préparation d’un tajine dans le désert, l’intrusion d’un chat errant puis de trois dromadaires dans notre campement, la partie de foot au bon milieu de l’immense lac asséché Iriki (pour ne citer que ceux-là !)…

Noté en moyenne 9,5/10 par les participants, ce circuit promet bien d’être renouvelé une autre année. Pourquoi ne pas alors découvrir la côte atlantique sauvage ou les vallées du Dadès et du Drâa ?

Hors Circuit se développe et s’équipe !

Hors Circuit investit dans les transports…
Tout d’abord avec l’acquisition imminente de deux ânes, indispensables pour le transport du matériel voire des clients fourbus lors des pique-niques ou randonnées en montagne et attractions sans conteste pour nos visiteurs de tous âges.

Ensuite avec l’achat prochain d’un quad utilitaire (qui sera peut-être suivi de jumeaux, pourquoi pas ?), qui me permettra de me déplacer plus facilement entre Taroudant et Afensou  mais aussi de partir en repérage léger aussi bien en haute montagne que dans les régions désertiques. Comme l’âne, le quad représente un loisir supplémentaire pour notre clientèle.

En fonction de l’évolution de notre petite entreprise, nous envisageons sérieusement la commande d’un troisième 4x4, neuf cette fois, et l’obtention pour 2008 d’un agrément de transport touristique au nom d’une filiale de Hors Circuit à constituer, histoire d’être capable de gérer plusieurs circuits de front et d’assurer en cas de casse de l’un des véhicules.

Enfin, nous allons bientôt disposer d’un téléphone satellite (celui-là même utilisé par les concurrents du Paris-Dakar), ce qui améliorera sérieusement la qualité de notre organisation. Non seulement je pourrai garder le contact téléphone et e-mail avec ma famille, mon équipe et mes clients lorsque je suis hors réseau gsm (c’est-à-dire systématiquement quand je me rends en montagne ou dans le désert), mais aussi cela permettra à nos clients en circuit de garder le contact si nécessaire avec leur famille ou leur employeur. Sans compter la sécurité accrue du fait de la possibilité d’appeler les secours en cas d’urgence.

L’état d’âme du jour

Que de chemin parcouru en un an ! Mais l’année écoulée m’en a paru dix !!!

Une vie riche d’action, de découvertes, d’aventures, de réalisations, c’est ce que je voulais, non ? J’ai trouvé un nouveau lieu de vie qui me plait énormément et où je peux être moi-même, un espace où donner libre cours à mes passions. Qui plus est, je suis sûr que les séjours et circuits à la sauce « Hors Circuit » sont un vrai produit, original et vendeur. Les nuages se dissipent petit à petit…

Les problèmes d’installation s’amenuisant progressivement, je dégage davantage de temps pour me consacrer au marketing et au développement de notre organisation. L’équipe reste à solidifier et à renforcer, mais le tandem avec mon fidèle lieutenant Saïd fonctionne de mieux en mieux. Rédouane me donne également satisfaction, dans la mesure où il s’adapte progressivement aux exigences élevées de notre entreprise et soulage beaucoup tant Saïd que moi-même au niveau logistique.

En me rendant plus souvent en Europe, je perds moins pied avec la réalité occidentale et en profite pour recharger mes batteries soumises ici à rude épreuve, ne fut-ce que par le choc de cultures.

La plus grande difficulté reste de garder suffisamment de temps entre des circuits et mes retours en Europe pour partir en repérage et profiter de notre maison dans l’Atlas.

Bref, il s’agit de trouver le juste équilibre entre l’envie d’être hors circuit et la nécessité de ne pas le devenir complètement !

N’oubliez pas de transférer cette « newsletter » à tous ceux qui de près ou de loin pourraient être intéressés par notre aventure ici (mettez-moi en copie de sorte que j’incorpore leur adresse dans ma liste de distribution pour les numéros suivants). Je vous en remercie encore.

A bientôt,

Luc