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La légende des fiancés d'Imilchil, et les traditions Aït Hadiddou

Aït Ibrahim et Aït Yaaza étaient les deux fractions de la tribu des Aït Hadiddou, en guerre l’une contre l’autre. Mais dit la légende, une jeune fille Aït Yaaza aimait un beau Aït Ibrahim. Roméo et Juliette au Haut-Atlas, ils connurent la même destinée tragique, de mourir sans pouvoir s’aimer ni se marier. Ils pleurèrent leur affliction, et toutes les larmes de leur corps, qui donnèrent naissance aux lacs jumeau Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée). Eux mêmes moururent noyés dans leurs propres larmes, sans jamais pouvoir se rapprocher. Leurs parents, repentis, décidèrent qu’une fois par an, jeunes gens et jeunes filles pourraient se choisir librement, et que ceux qui décidaient au moussem de se marier ne rencontreraient aucune opposition à leur union


Circuits au moussem des fiançailles, à Imilchil

Le moussem des fiançailles

Au départ de Marrakech ou Ouarzazate, un circuit qui vous permet de participer à l'un des plus grands moussems du Maroc, celui des fiançailles d'Imilchil.

 

On ne sait pas exactement quand cette légende est apparue. Les premières occupations d'Aït Hadiddou dans la vallée d'Imilchil datent du XVII° siècle, quand cette tribu était en lutte avec la puissant tribu des Aït Atta, qu'on trouve un peu plus bas, dans le djebel Sagho et la vallée du Draa. Après des combats acharnés, les Aït Hadiddou obtiennent le droit de s'installer dans la haute vallée de l'Assif Melloul, nomades berbères parlant le tamazight au milieu de populations sédentarisées et agricoles parlant le tachelhit. Ils construisent leur premir village, Agoudal, et signent des accords avec des tribus voisines, comme les Aït Moghad de Goulmima (qui ont aussi des accords similaires avec les gens de Tazzarine, échangeant des droits de passage et de pâturage réciproques sur leurs terres, pour la transhumance.

Le moussem se tenait après les récoltes, et était l'occasion de rencontres, de fiançailles. Le plus souvent les mariages collectifs étaient célébrés encore plus tard, dans les villages de fond de vallée, vers la fin du mois d'octobre, mais on peut imaginer que lorsqu'un accord se concluait pendant le moussem, les deux familles faisaient une petite fête.

A l'époque du protectorat, l'administration française envoie un officier au moussem, pour enregistrer les actes d'état-cvils, que la plupart des nomades ne peuvent obtenir qu'une fois par an, lors de leur passage dans la ville. Le mariage, qui est encore célébré dans les villages, est enregistré à l'avance, pour l'administration française.

Avec la colonisation, puis l'indépendance, les modes de vie évoluent, et peu à peu, les mariages collectifs se font plus rares, et moins tardif. Le moussem est découvert par les premiers touristes à la fin des années 60. Il va peu à peu évoluer vers la célébration que nous connaissons aujourd'hui.

Photos d'Imilchil et de la région

Les hauts plateaux de l'Atlas Cultures Paturage près d'Imilchil Les gorges de Jaffar Jaffar Le cirque de Jaffar Point-service à Jaffar Les rives de Tislit Reflets dans Tislit La route vers Isli Lac Tislit Les bords de Tislit Les contreforts d'Imilchil Les rives de Tislit Vers Middelt Paturage vers Middelt

A visiter à Imilchil et autour :

Jeune fille Aît Hadiddou en vêtements traditionnels

Jeune fille Aït Hadiddou
dans les années 40
Hamdira traditionnelle

Le moussem des fiançailles

Le moussem des fiançailles, à Imilchil, ou plus à une vingtaine de kilomètres au Sud, au village d’Aït Ameur, à côté du tombeau d’un marabout. C’est la grande fête de la tribu des Aït Hadiddou, qui comprend encore de nombreux nomades, et sur trois jours se succèdent tous les événements de la vie familiale, circoncision des enfants, fiançailles et mariages. Traditionnellement dans la deuxième moitié de septembre, le moussem a été déplacé à la fin du mois d’août, et couplé avec un festival des musiques traditionnelles, pour lui donner un nouveau souffle.

La ville d'Imilchil

A 2.200 mètres de hauteur, difficile d’accès, autrefois reliée au monde par des pistes coupée par la neige une grande partie de l’hiver, Imilchil est un petit centre administratif, accessible par la route goudronnée à partir de Rich ou de Tineghir, par la piste par Boulmane du Dadès, Khénitra ou Middelt, par le cirque de Jaffar.

En dehors de la période du moussem, Imilchil est une petite ville bien calme, mais les excursions dans la région sont splendides.

Les lacs d'Isli et Tislit

Comme les deux jeunes gens dont ils perpétuent la légende, Tislit (juste à côté d'Imilchil) et Isli sont assez éloignés, d'environ 25kms, et la piste qui mène de l'un à l'autre est l'occasion d'un beau trajet à travers un agoudal, un patûrage partagé par la tribu. On peut ensuite continuer, ou simplement faire une excursion et revenir sur Imilchil.

Le cirque de Jaffar

La piste qui passe par le cirque et les gorges de Jaffar est très belle. Elle est aussi renommée pour sa difficulté, et très impressionnante. Elle nécessite une très bonne expérience de la conduite de ce type de véhicule en montagne. Il est recommandé de la prendre à la montée, le conducteur étant alors côté vide, et pouvant plus facilement surveiller ses roues du côté « dangereux ». La piste fait juste la largeur d'un véhicule, et il n'est pas possible de faire demi-tour. Le trajet de Middelt à Imilchil, à faire en deux jours, vous fait passer par des forêts de cèdres, des falaises abruptes et des gorges encaissées, et vous verrez rarement un poteau électrique.

le cirque de Jaffar

Le cirque de Jaffar

Carte d'Imilchil

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Imilchil : informations pratiques

Venir à à Imilchil

Il est maintenant facile d'aller à Imilchil par la route goudronnée. En conséquence, les pistes menant à Imilchil ne sont plus utilisées par la population locale, et de moins en moins. Elles sont donc moins régulièrement entretenues, et peuvent être dangereuses au printemps, à cause de la fonte des neiges tardives, ou de fortes intempéries. Vérifiez s’il y a déjà des traces, et évitez de vous y engager seuls.

hébergement

Il y a peu de choix, quelques auberges, dont notre préférée, avec sa terrasse face au lac de Tislit. Il vaut mieux réserver un bon moment à l'avance pour le moussem, et reconfirmer votre réservation quelques jours avant. En dehors de cette période d'affluence, vous n'aurez aucune difficulté pour trouver des logements simples.

Météo et climat à Imilchil

Imilchil est en plein coeur des montagnes du Haut-Atlas, à une altitude déjà élevée. Inutile de dire qu'il peut y faire froid l'hiver !

La ville est située à peu près à la transition entre les zones subtropicales océaniques, au nord, et la zone semi-désertique continentale. L'Assif Melloul n'est jamais à sec, grâce aux pluies irrégulières, mais parfois diluviennes, qui viennent de l'atlantique. En descendant vers le sud et les derniers contreforts, le paysage se transforme peu à peu en steppe (vers Jaffar par exemple), et la forêt se fait très rare.

Les étés sont chauds, secs, avec de rares orages, les hivers sont souvent enneigés - et de façon tenace. Même pour le moussem des fiançailles, il est recommandé d'emporter un bon pull, au cas où...

C'est d'ailleurs pour se protéger des rigueurs de leur climat que les femmes d'Imilchil tissent les splendides hamdiras qui leur servent à la fois de manteau de mariage et de tapis.